dimanche 11 mars 2007

No One's Leaving

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Pas un post depuis près de deux semaines, t'as senti le malaise venir, punk.

Détends-toi, on a juste déménagé dans du plus grand, avec un peu plus de monde et des fauteuils velours.

Bref, désormais ça se passe ici. Enjoy.

PS : "No One's Leaving", c'est un morceau de Jane's Addiction (sur Ritual De Lo Habitual - 1990), mais je ne te mets pas le mp3, parce que parfois, vois-tu, il faut savoir se débrouiller seul.

dimanche 25 février 2007

Demolition Dancing

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Rien n'est prévisible sinon l'imprévisible.

C'est une des deux seules choses dont je suis absolument sûr dans la vie (l'autre étant qu'il ne faut jamais faire confiance à quelqu'un qui a un goût prononcé pour le fromage), et l'occasion m'a été donnée une fois de plus de vérifier cette funeste certitude jeudi dernier, où, bien que je n'avais techniquement rien prévu pour la soirée, j'ai fini par me retrouver dans les loges de l'Olympia à participer au surréaliste rituel précédant l'entrée sur scène de Nine Inch Nails.

Mais afin de saisir tous les éléments de ce singulier épisode, un petit retour en arrière s'impose.

Quinze jours avant, très exactement. Date à laquelle j'apprends que la première partie de la tournée européenne de Nine Inch Nails sera assurée par The Po Po, dernière signature du label Buddyhead, à l'origine cinglant webzine de LA (qui est en gros à Pitchfork ce que Patrick Dewaere est à Laurent Romejko), et dont la mythique section Gossip & News a longtemps été le #1 morning update check-up de l'Homme moderne.
Dirigé avec une arrogance sans nom par le photographe Travis Keller et le guitariste Aaron North (The Icarus Line et aujourd'hui Nine Inch Nails), Buddyhead n'avait pourtant sorti jusque là que des disques certes relativement intéressants (allant jusqu'à se payer le luxe d'un spoken word d'Iggy Pop sur leur Suicide Sampler) mais foncièrement médiocres.

Jusqu'à l'arrivée début janvier du premier album de The Po Po, quatre pouilleux de Philadelphie au non-look des plus intriguants, bastonnant sans la moindre conception du lendemain un post-punk mongolo et jouissif renvoyant aux chaudes heures de Devo, Brainiac, The Slits, Pere Ubu et The Fall, bref, une merde des plus excitantes parmi toutes celles qu'il puisse être donné d'écouter à cet instant très précis dans l'univers.
Fatalement, la rencontre s'imposait, et le groupe me donne donc rendez-vous backstage dix minutes après leur concert du 22 février.

Interview à paraître dans Versus #11
Photos : Robert Gil

Vu que personne ou presque ne vous connaît encore en Europe, vous pouvez nous présenter un peu le groupe ?

Pops Ghostly : Je m'appelle Jahan Zeb Malik aka Pops Ghostly, je suis le chanteur du groupe et je joue aussi de la guitare ou de la batterie, selon les morceaux, aux côtés de mes trois frères, Hassan Ali Malik aka Hamstar au chant et aux claviers, Michael Edward Collins aka Fullscreen aux claviers et Shoaib Malik aka Blue Bishi à la basse et à la batterie. Ensemble, nous formons The Po Po. On vient de Philadelphie, Pennsylvanie et, à vrai dire, nous ne savons pas vraiment qui nous sommes non plus, mais cette tournée devrait, je l'éspère, nous apporter quelques éléments de réponse (rires).

D'où vient ce nom The Po Po ?

The Po Po, aux Etats-Unis, c'est l'argot pour "flic", "police". "Attention les gars, voilà la Po Po". Je crois qu'en France vous dites 22, c'est ça ? Mais on a choisi le nom plus pour la façon dont il sonnait que pour sa signification. The Po Po, ça a un côté très enfantin. Po Po, Ga Ga, Gu Gu (rires). Je trouve que ça nous correspond plutôt bien (rires).

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Vous avez vous-même défini votre son comme étant du "post hip-hop". J'imagine que c'est une blague.

Complètement. En fait, ça nous amusait de voir à quel point les gens se creusent la tête pour trouver de nouveaux termes capables de définir la musique qu'ils font ou qu'ils écoutent, alors on a crée le notre, histoire de faciliter les choses (rires). Bien sûr, c'est une blague, mais c'est intéressant de voir comment les gens réagissent. Certains prennent ça très au sérieux (rires). Le hip-hop est une de nos influences, mais on n'a rien de vraiment hip-hop. On a grandi dans les années 90, et comme tous les gens de notre génération, on a été exposés a une variété de styles très larges, on a découvert des tonnes de trucs via le net, ce qui fait qu'on trouve notre compte dans tout un tas de choses très différentes. Notre prochain disque sera peut être complètement électronique, on aimerait bien faire un album de reggae aussi, donc le champ des possibilités est loin d'être réduit. J'ai beaucoup d'admiration pour un groupe comme Adult. de Detroit, qui, en plus de faire une musique géniale, évolue sans se soucier d'un quelconque problème de style ou de continuité.

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Comment avez vous rencontré les gens de Buddyhead ?

On a enregistré une demo et elle est visiblement tombée entre les bonnes mains au bon moment. Plus précisément dans celles d'un ami à nous qui connaissait ce type qui s'est avéré être un ami d'Aaron North, qui a écouté le cd et nous a contactés très peu de temps après. On l'a rencontré, on a discuté à plusieurs reprises... En fait, à chaque fois qu'il était dans le coin avec NIN, il nous appelait pour qu'on puisse se voir, et on a trouvé ça particulièrement cool, parce que bon, quand tu joues dans un groupe pareil, tu peux largement trouver mieux à faire après tes concerts que de venir taper la discute à quatre barbus cradingues (rires). Il nous a finalement proposé de sortir l'album sur Buddyhead, et ce avant même de nous avoir vu en concert ou même d'assister à la moindre répétition. Là, on s'est dit "soit ce mec est incroyable, soit il est incroyablement con" (rires). Mais Travis et lui sont vraiment deux types géniaux, qui aiment vraiment ce qu'ils font. C'est notre première expérience avec un label et, très franchement, vu la façon dont ça s'est passé jusqu'à présent, je crois qu'on ne pouvait pas rêver mieux. Sur cette tournée avec NIN, Aaron est un peu comme notre grand frère, il est tout le temps avec nous dans les loges, pour savoir comment ça se passe, nous aider et nous donner des conseils pour que nous puissions nous sentir à l'aise sur des scènes aussi grandes.

Á ce moment, un roadie entre dans les loges et signifie au groupe que c'est l'heure du "Circle Power".

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Oh, on doit aller faire le Circle Power... C'est le rituel de NIN avant leur montée sur scène. Viens avec nous, c'est débile mais c'est fun (rires).

On se retrouve dans le hall des coulisses avec les membres de NIN, couverts de talc de la tête aux pieds, menés par un Trent Reznor hilare et surexcité, qui a visiblement continué à vider le placard à donuts depuis sa dernière venue à Paris. Tout le monde se place en rond en se touchant par les poings et, le cercle ainsi formé se met à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, de plus en plus vite, accompagné par le mantra des "bip-bip-bip" hurlés par chaque participant, avant d'éclater dans un "whooo-hoooo" général qui sonne le départ de Nine Inch Nails sur scène et notre retour dans les loges.

Vous faites ça tous les soirs ?

Eux oui (rires). Nous, ça ne fait que deux dates qu'on le fait avec eux. Ce qui doit signifier qu'on est officiellement acceptés (rires).

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C'est Aaron qui vous a intégré à la tournée ?

D'une certaine façon, oui. En fait, NIN se sont réunis avant la tournée pour dresser une liste de groupes à qui ils aimeraient proposer leur première partie, et Aaron a fait écouter l'album à Trent. Il a adoré, et une semaine avant le début de la tournée, il nous a appelés. Nous avons énormément de respect pour Trent Reznor, parce que ce mec, qui n'a dans l'absolu aucun besoin d'avoir une première partie, invite toujours des groupes qu'il aime pour jouer avec lui, sans se soucier de leur style de musique, sans se soucier de savoir si ça plaira à ses fans. C'est juste un type qui est passionné par la musique et qui fait ce dont il a envie.

Et comment se passe cette tournée ?

C'est génial, vraiment. Le public en Europe est très réactif, très ouvert. Tu sais, c'est notre toute première tournée en fait (rires). Avant ça, on a pas mal joué à l'arrache dans des squatts et des petits clubs à Philadelphie et New York, mais c'est notre première vraie tournée. La réaction du public a été très bonne jusqu'ici, ce qui est plutôt encourageant pour nous. Visiblement, on surprend pas mal les gens, c'est très "mais d'où sortent ces mecs ?" et j'adore ça.

Vous avez déjà des choses prévues après cette série de concerts ?

Là, on va passer quelques semaines à Londres et faire un ou deux concerts là bas, ensuite on verra, mais j'ai vraiment envie de revenir en Europe le plus vite possible, parce que je me sens vraiment bien ici. Je pense qu'on va donc rapidement essayer de monter une petite tournée dans le courant de l'année. Sinon, on va également commencer à enregistrer notre premier véritable album, vu que celui qui vient de sortir est plus un EP qu'autre chose. Il est très court, il ne fait que 20 minutes. Mais là on va se consacrer à quelque chose de plus long.

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The Po Po - Funtimes On The Frontline

Le premier album de The Po Po est disponible à un prix ridicule sur Interpunk, Rough Trade et iTunes.
Mets ton amour-propre à jour : achètes-le.

mardi 20 février 2007

In The Car Crash

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La darkness noir profond, la minimale total cauchemar, le heavy metal de danse, tout ça c'est bien joli, mais parfois, t'as juste envie de voir deux humanoïdes war-tech 8000 bourrés de tranquilisants disputer une course à la mort du futur au volant de Trans Am laser fluorescentes filant vers le néant.

Je comprends ton problème, jeune.

Permets-moi donc de te présenter Kap10 Kurt.

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Kap10 Kurt a grandi dans un village en Suisse ce qui, il faut bien l'admettre, ne le prédisposait pas exactement à satisfaire tes envies de bastons arc-en-ciel en combinaison skaïvertex vif argent sous un terrordome lézardé par les éclairs de concentré d'essence de vie émanant du coeur du coeur de ton corps.
N'étant pas particulièrement doué pour le football, Kap10 Kurt réalise très vite qu'il n'aura aucune chance de devenir un indestructible poupon en veste sport et va très vite se réfugier dans la musique synthétique, qu'il découvre grâce à son frère, aussi outcast que lui, mais bénéficiant d'apports financiers certains, lui permettant d'investir dans une chaîne haute-fidélité de 2 x 260 watts qui, des années durant, portera sans relâche aucune les plus assourdissantes offrandes au trône du dieu BASS.
Inquiète face à la dérive de son plus jeune rejeton, mère lui interdira formellement l'apprentissage du synthétiseur et, toute concertiste professionnelle qu'elle est, le confiera à un austère et poussiéreux professeur de violoncelle.
Quatre ans plus tard, Kap10 Kurt découvre le heavy metal et se met à la basse, le violoncelle aux cheveux longs. Il jouera dans un nombre incalculable de groupes tout en poursuivant de brillantes études au Conservatoire de Zurich, qui le mèneront à NYC, où il part afin de décrocher son diplôme. Mais une fois arrivé, il réalise que le rock l'ennuie et tombe de nouveau en amour avec la musique de danse de la vieille Europe. Amour qu'il partage avec Leah, ultimate party-chick qui va bientôt faire partie des plans du Kap10, qui se concrétisent en 2003, avec la sortie d'un premier 12", Die Sleeping, sur le label de John Selways, Memory Boy. Un titre qui figurera sur la désormais légendaire compilation The Sound Of Young New York du cartel Plant / DFA, et permettra au duo d'arpenter les USA avant d'aller s'aventurer en Islande, au Royaume-Uni, en Suisse et au Danemark.
Un maxi vieux d'il y a presque quatre ans, un groupe qui n'a jamais mis les pieds en France, à quoi bon me diras-tu ? Eh bien justement, Kap10 Kurt jouera le 30 mars à Metz (Giant Metal), le 31 à Reims (Bonheur Binaire) et le 6 avril à Paris (au Pulp, pour l'Androgyny Party). Et une bonne nouvelle n'arrivant jamais avec des baskets crottées, voilà non pas un mais deux morceaux extraits des prochains maxis du groupe, mis à totale disposition par le Kap10 lui-même, et ça, vois-tu, c'est appréciable.


Kap10 Kurt - Dangerseekers


Kap10 Kurt - Kamikaze

lundi 19 février 2007

Tougher Than Leather

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Dark disco, heavy electro, soft goth, frozen balearic, gay biker house, de la musique électronique qui n'a pas peur d'effrayer les gens, du rock & roll avec des synthés, ce que la France a produit de plus excitant en matière de musique électronique depuis Daft Punk, whatever, plus vraiment besoin de faire les présentations : Black Strobe rosse, tue, défouraille, surchie, dérouille et bat comme plâtre wherever it steps its boots on, et si t'as loupé aucun épisode ça fait aujourd'hui dix ans que tu le sais. Mais averti ou pas, tu ne cracheras pas sur une petite révision avant la sortie de leur très (mais alors TRES) attendu premier album, dont on a pu avoir un aperçu pour le moins punishing sur un maxi promo distribué au compte-gouttes lundi dernier incluant deux nouveaux titres ("Black Metal" et "Buzz Buzz").

Blind-test avec Arnaud Rebotini, metal maestro extraordinaire.
Interview réalisée en mars 2006 et parue dans Versus # 7.


SWANS "Raping A Slave" (extrait de Cop)
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(Immédiatement) Les Swans, non ?

C’est un des groupes qui a provoqué ta rencontre avec Ivan Smagghe.

Oui, on faisait partie de la même bande de potes qui se sont plus ou moins rencontrés à tous ces concerts indie, noise, indus, enfin toute cette scène-là, qui allait de Jesus And Mary Chain à Sonic Youth, en passant par Swans, Cabaret Voltaire, etc. On traînait tous ensemble, il y avait DJ Grebo, Jérôme Mestre, qui est maintenant le boss de PIAS France, Marc Collin de Volga Select et Nouvelle Vague.

Comment s’est fait le passage vers la musique électronique à l’époque ?

Très naturellement, puisque notre génération a vu naître la techno. Et puis c’est arrivé par le même circuit indie au final. Les premiers disques de Warp, comme Sweet Exorcist, c’était vraiment des trucs indie, ou du moins perçus comme tels.


NITZER EBB "Getting Closer" (extrait de Showtime)
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(Dès la première seconde)Nitzer Ebb ! Je suis en train de faire un remix de ce morceau en fait, pour la compilation qui sort d’ici peu.

C’est une des influences principales dans Black Strobe. Vous avez aussi un autre point commun avec eux, c’est d’avoir un public très éclectique.

Oui, des clubbers, des gens qui viennent du public indie, de la scène plus dark, du metal. Ça donne un bon mélange au final, et c’est aussi un peu dans cette optique-là que j’avais lancé les soirées Sometimes Funky People Are Dressed In Black. Mixer de l’electro avec des trucks plus rock, du metal, de l’EBM, de la new wave. Aujourd’hui, quelqu’un comme Erol Alkan fait ça très bien, avec un côté plus entertainment que moi, des morceaux plus accessibles. Je pars aussi du principe que les gens qui vont en club, surtout en ce moment, écoutent vraiment très peu de musique électronique chez eux au final. Ils achètent la compile de leur DJ préféré ou le disque de quelqu’un qui leur a plu un soir, mais à côté de ça, ils vont écouter majoritairement autre chose.

Les groupes qui refont surface sur scène en ce moment, comme Nitzer Ebb justement, ou Sisters Of Mercy, tu en penses quoi ?

En général, je suis toujours curieux de voir. Au pire ce sera marrant, au mieux ça peut être une bonne surprise. Par contre, j’ai vu que Venom revenaient aussi, là j’ai un peu plus de mal à comprendre (rires). Ils ont un nom, une histoire, de super pochettes, mais leurs disques sont inécoutables. À l’époque, c’était déjà limite mais là, c’est carrément plus possible (rires). Les bons groupes de cette période-là, c’était surtout Bathory et Celtic Frost, quand même. Ça va être atroce sur scène en plus. Cela dit, ressortir le cuir, l’artillerie pour aller voir Venom, c’est un trip, ça peut être hyper marrant. Peut-être que j’irai en fait (rires).


CLAUDE DEBUSSY "Prélude De La Cathédrale Engloutie"
(extrait de
L'Oeuvre Pour Piano)
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C’est Debussy. À chaque fois que je fais un blind-test, j’ai droit à Debussy (rires).

Il faut dire que c'est une de tes plus grosses influences.

C’est surtout la démarche de Debussy qui me fascine. C’est un personnage que j’adore, qui n’a l’air de rien comme ça, au départ. Un petit gros de St Germain En Laye, qui rate un peu ses études et qui va finalement créer une révolution musicale incroyable, en transgressant toutes les règles préétablies. J’aime le personnage, sa musique, qui peut être très douce tout en gardant une force incroyable.


NEUROSIS "Through Silver In Blood" (extrait de Through Silver In Blood)
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Ça pourrait être Neubauten… Au son de batterie, c’est un groupe plutôt metal. Peut-être Neurosis ?

Sur l’album de Zend Avesta (précédent projet de Rebotini, sur lequel avaient collaboré Mona Soyoc de Kas Product et Alain Bashung), il y avait pas mal d’ambiances qui se rapprochaient de ce qu’ils font. Tu penses donner une suite à ce projet un jour ?

Pour le moment je finis Black Strobe, mais je ferai peut-être un autre Zend Avesta après. Je me disais qu’en faire un tous les dix ans serait un bon concept (rires). Ce disque a eu un gros succès critique, bien au-delà de ce que je pouvais imaginer. La presse l’attendait comme un album de jungle/breakbeat expérimental vu que c’est ce que je sortais à l’époque sous ce nom-là. Et au final, ça n’a pas été ça du tout. J’aurais bien envie de refaire le même coup un jour, j’ai quelques idées déjà, peut-être partir dans une direction nettement plus radicale, dans l’esprit Ipecac/Mike Patton. C’est un truc qui m’intéresserait énormément.


DARKTHRONE "Under A Funeral Moon" (extrait de Under A Funeral Moon)
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(Dès la première seconde) C’est Darkthrone. J’ai fait un morceau pour l’album de Black Strobe qui est carrément dans l’esprit de Burzum, avec ce côté très hypnotique, qu’on trouve aussi chez Darkthrone mais qui ressort de façon moins évidente vu qu’ils ont un son très garage. J’adore l’album Filosofem de Burzum, on y retrouve quelque chose d’assez commun avec la musique électronique et qui n’existe pas en général dans le metal, c’est ce côté justement répétitif, hypnotique. Mais j’aime aussi le black plus brutal. Darkthrone c’est vraiment les punks d’aujourd’hui. Tout le monde se la raconte avec le punk, alors que c’est un concept qui n’existe pas, c’est juste un effet générationnel, le punk n’a jamais vraiment existé. La vraie révolution, elle se situe bien avant, même bien avant l’apparition du rock’n’roll en fait. Mais ces groupes-là ont un vrai esprit crade, méchant, dangereux. J’aime bien leur côté politiquement incorrect, sans toutefois cautionner les dérives tendancieuses de certains. Et musicalement y’a des trucs vraiment forts comme cet aspect hypnotique dont je parlais, mais aussi tout le travail sur le rythme, cet effet de nappe créé par les guitares.

D'ailleurs A Blaze In The Northern Sky de Darkthrone est sorti en même temps que Loveless de My Bloody Valentine, et à l’époque, on comparait beaucoup les deux disques à cause des murs de guitare tellement denses qu’ils créaient au final le même effet évanescent, éthéré.

Exactement ! Il y a un groupe français que j’adore, Blut Aus Nord, chez qui tu sens vraiment les influences My Bloody Valentine, Godflesh, Sonic Youth, en plus d’une base black plus classique. Ce sont des références très proches au niveau de la texture sonore.


BLACK STROBE "Paris Acid City" (extrait de Paris Acid City)
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Ok (rires).

C’est votre premier maxi, sorti en 1997, en pleine vague house filtrée.

Ouais, en pleine french house… C’était quand même un morceau très housey ceci dit.

Mais la face B, "Funk Is Not Always Where You Think", était déjà très sombre.

Oui, sauf que ce morceau, tout le monde l’a zappé à l’époque, à part Laurent Garnier qui avait adoré. Le maxi a eu un certain succès cela dit. Pourtant à la base, c’était vraiment plus une blague qu’autre chose. Ivan et moi, on bossait à la boutique Rough Trade, je portais toujours des t-shirts de metal et ça faisait grincer quelques dents (rires). C’était avant que ça devienne "acceptable" et qu’on voie tout le monde débarquer en t-shirt AC/DC. D’où l’idée de la pochette, qui faisait directement référence à Kiss. Pareil pour le titre, on voulait absolument caser "Acid" dedans vu que le terme était tombé en désuétude, que plus personne ne voulait en entendre parler.

Vous enchaînez trois ans plus tard avec Innerstrings.

Je l’ai d’abord sorti sur mon propre label, Back In Black, et c’est Chronowax qui m’a littéralement sauvé la vie en le distribuant vu que personne n’en voulait ! Et puis c’est arrivé entre les mains de Trevor Jackson, qui l’a ressorti sur Output six mois plus tard et c’est devenu une sorte de classique.

Le maxi suivant Me & Madonna est nettement plus léger. On sent notamment pas mal d’humour dans les paroles.

Oui et non, parce que sur "Innerstrings", il y avait déjà un côté second degré pour moi. La voix, les paroles, le riff très en avant, ça fait directement référence à tout un tas de clichés dark / goth qui moi, m’amusent énormément. La plupart des groupes dans cette mouvance ont un côté second degré évident et totalement assumé. Un groupe comme Sisters Of Mercy, je ne peux pas prendre leurs paroles au premier degré. Et puis le côté freaks, famille Addams… Tout ça fait partie du décorum en fin de compte.

Fin 2003, vous sortez "Italian Fireflies", votre plus gros succès. Un morceau qui a failli ne jamais sortir.

Oui, à la base c’était un remix qu’on avait fait pour Goldfrapp et qui a été refusé. Et puis Kitsuné nous ont contactés pour nous demander un titre inédit pour leur nouvelle compilation, alors on leur a proposé la bande instrumentale de ce remix, sans grande conviction. On n’a pas cru une seconde au succès de ce morceau. Il est très différent des autres, il a un côté vraiment cheap, il est à moitié fini, et puis il y a ce blanc assez long, en plein milieu, sur lequel il y avait à l’origine une voix. Mais qui fonctionne, bizarrement (rires).

Vos deux derniers maxis, Chemical Sweet Girl et Deceive/Play empruntent une direction plus rock, presque metal par moments.

C’est une direction que j’avais envie de prendre, un peu à contre pied d’ailleurs, puisque la scène electro a tendance à être de plus en plus soft avec tout ce trip minimal, qui est un terme idiot vu que la techno a toujours été minimale par essence (rires). La musique purement club c’est bien, mais ça reste ultra-fonctionnel. C’est génial à faire, il y a une super énergie, mais d’un autre côté j’ai aussi envie de faire autre chose en tant que musicien.


ASCII.DISKO "Baphomet" (extrait d’Alias)
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Tu vas arriver à me coller je crois là... Je ne vois pas.

C’est un extrait du dernier Ascii.Disko. C’est quelqu’un qui a aussi un gros background rock et metal, un son proche du vôtre. Avec Black Strobe, je ne sais pas si on peut déjà parler d’influence, mais en tout cas vous avez ouvert une brèche pour pas mal de gens dans le milieu electro.

C’est ce qu’on nous dit souvent. C’est vrai qu’on entend beaucoup de similitudes, chez des gens comme Huntemann par exemple. Mais ce n’est pas toujours aussi réussi, j’ai entendu des sous-Black Strobe vraiment très mauvais (rires). Il faut dire qu’avec ce genre d’éléments, tu peux vite tomber dans un truc un peu vulgaire.


SISKID "1 Gram" (extrait du maxi Hummer)
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Ça c’est… Ahh, je connais que ça… Ah, c’est Siskid ! Aïe, il va me tuer là (rires).

Il fait partie de la formation live de Black Strobe depuis peu. Il vous aura fallu du temps finalement pour trouver vos marques avec le live. Entre vos derniers concerts et ceux d’il y a 2-3 ans, la différence est énorme.

Oui, au début le mélange entre les différents éléments ne se faisait pas sur scène. L’idée, ça a tout de suite été : s’il s’agit de faire du live, d’être sur scène, alors allons-y vraiment, faisons un vrai concert et pas un truc le cul entre deux chaises. Je voulais que ça joue vraiment. Et depuis qu’on a recentré la formule, qui est à la fois plus rock, plus dure, de par la configuration et le son des nouveaux morceaux, et plus club vu que les morceaux sont tous mixés entre eux sur scène, ça fonctionne vraiment.

J’ai l’impression que Black Strobe marche nettement plus à l’étranger qu’en France.

C’est vrai. À l’étranger, on fait des dates tout le temps, ça marche super bien. Ici, j’ai l’impression qu’on est perçus différemment. On dirait que les gens sont méfiants de voir des gens issus de la musique electro faire du rock, ça casse avec la représentation du DJ/producteur tout blanc avec des lunettes qui ne sort jamais de son home studio… Et puis il y a tout ce contexte actuel de "faux rock" qui fait qu’on peut aussi être mal perçus par des gens qui ne connaissent pas notre parcours.




Alors d'un côté, vois-tu, j'ai envie de faire ma pute et de ne pas mettre à disposition les deux titres du fameux maxi limité, mais de l'autre je veux aussi voir ta grosse gueule de porc se faire laminer pour pas un rond. J'ai donc décidé de couper la poire en deux avec le dernier remix des boucheries Rebotini sorti sur Mental Groove il y a quelques jours à peine. Et vu le niveau du poutrage, on peut dire que tu t'en sors bien.


Water Lilly - Invisible Ink (Black Strobe's Arnaud Rebotini Mix)

dimanche 18 février 2007

The Day The World Turned Day-Glo

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On n'arrête pas la déferlante comme ça, punk, et des pilulles, crois bien que tu vas en avoir besoin face à cette invasion phosphorescente qui, si elles t'apportera violence brute et sommeil irrégulier avant d'élire domicile au creux d'un de tes sourcils pour t'ordonner de tuer et de tuer encore, saura également être généreuses en bien-vivre et amour pur.

Car oui, Dead Dead Good sait aussi se faire shout out, big up et love on the beat et te propose aujourd'hui The Day The World Turned Day-Glo, mixtape d'amour où chaque titre est dédié à une figure de choix, toi y compris, qui que tu sois, car le personnel a, lui aussi, droit au chapitre, c'est bien légitime, alors vérifie donc cela comme la baise dehors.

01. NEW YOUNG PONY CLUB The Bomb
(The Teenagers Crush LOU Remix)

A tout seigneur tout honneur (et là, d'emblée, il y a private joke, mais ça forcément tu peux pas le savoir), je commencerai par Cléo, my special someone, qui se dresse fatalement bien au dessus de qui que ce soit d'autre, et qui, toute occupée qu'elle était à dessiner l'illustration de ce post, en a oublié d'écouter le nouveau single de NYPC, remixé ici par les décidément surdoués merdeux de The Teenagers dans une version nettement supérieure à l'originale.
Extrait du single The Bomb (Modular - 2007)

02. EXCHPOPTRUE Discoteca
A Il Signore Vidal aka Il Dottore, le sharp dressed man de La Chapelle, qui fut mon sidekick des années de plomb, à la fois colocataire de fortune et dancefloor buddy au sens de l'élégance aussi discret qu'évident, j'offre avec une fermeté et une rigueur Mauriziomerliesque mais un excès Tomasmilianien ce monument d'italo-cheese décadent que j'ai toujours oublié de lui ajouter dans ses mixtapes bimestrielles, et que je lui conseille de remiser pour une écoute passion sur une terrasse de Naples devant un verre de Fernet-Branca.
Extrait de la compilation Hits Selection 1 (Space Factory - 2003)

03. MARY GOES ROUND Mary Sleeps Alone
A Cath, secrétaire de rédaction à la patience démesurée, aux robes de jais et à l'allure décidément très germanique, j'impose cette antique perle signée Mary Goes Round car, elle même le sait, la darkness, c'était mieux avant.
Extrait de l'album Sunset (Mary Goes Round - 1990)

04. EAST VILLAGE Cubans In The Bluefields
A Renaud Del Sol, tellement minimal qu'il en arrive à donner ses meubles, et qui semble chaque jour surpris de trouver le bonheur dans les recoins de ses sous-vêtements, je proposerai, en toute simplicité, la meilleure pop-song de tous les temps, car quelqu'un qui refuse de choisir entre Alex Smoke et Morrissey ne peut être foncièrement mauvais.
Extrait du maxi Cubans In The Bluefields (Sub Aqua - 1988)

05. JIMMY SPICER The Bubble Bunch
A Minos et Double Fa, pensionnaires du Grand Est, je glisse ce morceau en souvenir de l'été 2002 qui aurait été bien terne sans cet intense moment de cinéma qui nous mit en soumission plusieurs mois durant. Je connais ton corps, mec.
Extrait du maxi The Bubble Bunch (Mercury - 1982)

06. KAP BAMBINO & KHIMA FRANCE Seed
A Amo et Karine Massacre, qui, à une heure où la longueur de la frange et la couleur des Converse sont les seuls éléments capables de différencier deux endives, se sont imposées tout naturellement comme les dernières riot grrrls du village, éternellement fidèles au cuir et à la flanelle, j'offre, en attendant mieux (un poker avec Robert Smith et Dave Gahan pour Amo, un soutien psychologique face à l'humiliation verbale que nous prépare Mark E. Smith pour Miss Massacre) du métal synthétique et une fille qui braille, bref, la vie.
Extrait de la compilation Do Me More Electro (Fatale - 2006)

07. ARCHITECTURE IN HELSINKI Do The Whirlwind
(Hot Chip Remix)

A Flozzz, enfin de retour après avoir disparu il y a quelques années déjà, alors qu'il posait quelques riddims sur une reprise raï de Britney Spears dans un sordide bouge de Saarbrucken avant de me mettre en garde contre un fielleux établissement de restauration rapide meusien sur le parking duquel régnait une fureur rurale à nulle autre pareille, je mets à disposition ce remix d'Architecture In Helsinki par Hot Chip sur lequel je le vois très bien esquisser de rudes mouvements inspirés d'ancestrales techniques de ski dont lui seul et l'indéfectible HR ont le secret.
Extrait de l'album We Died, They Remixed (Tailem Bend - 2006)

08. NEW WET KOJAK Get The Curse
A Clems et Mikahil, je lâche le morceau même si eux seuls comprendront pourquoi.
Extrait de l'album Nasty International (Touch And Go - 1997)

09. SHEEP ON DRUGS Motorbike
A Crame, qui fut il y a peu d'une courtoisie et d'une disponibilité sans pareil, j'adresse ce sommet de gay-biker house, un style qui a dernièrement fait sévèrement défaut à ses sets pourtant riches de sens.
Extrait du maxi Motorbike (Transglobal - 1992)

10. X-RAY SPEX The Day The World Turned Day-Glo
Enfin, à tous les autres que je n'ai pu nommer parce que, oui, 10 titres c'est peu, je tiens à dire que "Oh Bondage Up Yours" est vraiment un single très surestimé.
Extrait de l'album Germ-Free Adolescents (EMI - 1978)


Dead Dead Good Mixtape #1 : The Day The World Turned Day-Glo

lundi 12 février 2007

Pills 'N' Thrills And Bellyaches

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dimanche 11 février 2007

Move Your Dead Bones

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Terreur zombie en Haïti, quand il n'y a plus de place dans les playlists, les white labels reviennent sur terre, oui, il est parfois de ces tracks maudits qu'on a un jour enterré aux tréfonds des plus ténébreuses warehouses et qui refont un jour surface en pleine lumière pour faire justice chez les vivants. Joué depuis 4 ans par Ivan Smagghe, "Rock In A Hard Place" de Krikor sort enfin demain 12 février sur Kill The DJ, décliné en trois versions, dont une, étouffante, signée George Issakidis. Unearthed, undead, unstoppable.

Krikor - Rock Hard In A Funky Place

Cela dit, il y a parfois des disques loin d'être morts chez qui on cherche en vain la moindre parcelle de vie. The Last Resort de Trentemoller, par exemple. De loin l'album le plus surestimé de 2006, dissimulant paresse et ennui sous les strates vaporeuses d'une technique certes impressionnante, mais qui donnait la fâcheuse impression de remplacer Miou-Miou dans Les Valseuses, regardant les robinets couler pendant que Gérard Depardieu investissait de l'épaisseur propre aux idiots sa crédule intimité. Bref, ça meulait dans le vide.
Douce ironie, le titre qui ouvrait The Last Resort s'appelait justement "Fais Moi Glisser Dans Ta Peau" ("Take Me Into Your Skin") et, s'il était de très loin le seul morceau réellement intéressant du disque, bénéficie aujourd'hui d'une nette valeur ajoutée en matière de défouraillage sur créneau peak-time 3h30-4h00, via un edit signé Nu Disco qui devrait, en toute logique, mettre le plancher à sac dans les semaines à venir. Aies donc la décence de mourir avant les autres.

Trentemoller - Take Me Into Your Skin (Nu Disco Edit)

Mise en ligne limitée à 24h pour les deux morceaux. Be quick or be dead...(Too late !)